LES REGRETS

LES REGRETS

1.

Ses lèvres sans défense attaquent et mordent l’aimé

qui n’en croit mais

-si tremblant aux portes du désert

si troublé d’être l’élu dans la cuisine des anges

2.

C’est rapt dans le silence

Les conversations s’éternisent

mais tout un monde tourne soudain

très doucement

dans la fièvre de l’attente

3.

Jadis la porte s’était rouverte

Il avait douté de l’invite où sa peur se fût dissoute en baisers

et en mise à nu de l’éclat doré

du sexe déjà deviné

en calice

4.

Une nuit belle et perdue

et tant d’années envolées

à aimer un corps évanescent en fuite

et les maladies brusques de l’amour non vécu

les peurs assassines de la vie concubine

5.

Les regrets s’égrènent comme le carillon des morts

et le chemin s’éloigne qu’un doux sexe traçait

très suave de son parfum musqué

Le printemps était là

Nous nous aimions déjà

6.

Il y eut les larmes non partagées

et les vagues du lac de Judée

dans la chaleur où nos épaules auraient dû s’accorder

sur l’équerre d’un lit

à aiguiser les lignes

7.

C’était un corps en danse

et des doigts de pianiste

-et le chant demeurait retenu

dans la gorge où l’amour s’exténue

Nous étions les enfants de jours très anciens

8.

Le jardin des Prébendes est jardin de l’amour

Ronsard y veille, et Rimbaud très lointain,

Racan, Gaspar, Stéfan (ces deux poètes amis)

et Senghor soudain danse son poème

qui ainsi prend son sens

Prés et bandes nous escortent

9.

Oui, tu viendras en ce jardin

où tant fut invoquée ta beauté

Il chantera ta belle unicité

et ton sexe si doux

de n’avoir point été hâté

vers l’amour qui s’imposait

10.

Les regrets voient le jour dans la nuit

qui se heurte au détour

d’une lascive indécence

et tes jambes grandes offertes

à mon élan tremblant

11.

Ô regrets de la nuit

ô chants vierges du jour

Une jeunesse s’ouvre

au seuil de la fougue

dont ton corps (une liane)

savamment se détourne

12.

Nous ne dirons pas tout

de ce qui se passa

Le secret est caché

des lèvres tant offertes

au whisky qu’irradiait

la tourbe de nos spermes

13.

La Treizième revient

et c’est elle qui attend

le baiser qui ne vient

et les lèvres se savourent

quand un bras nous entoure

de son coude magique

qui éloigne le supplice

Advertisements

A propos leuwers

poète, créateur des "livres pauvres"
Cet article a été publié dans Poésie. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s